William Howell Masters avec sa collègue, Virginia Johnson, furent les premiers à étudier l’anatomie et la physiologie de la sexualité humaine en laboratoire et à publier des rapports dont les conclusions ont suscité beaucoup d’intérêt et de critique. Depuis, ils sont reconnus tant en tant que chercheurs que thérapeutes dans le domaine de la sexualité humaine. Ils ont créé le Centre de biologie de la reproduction et, plus tard, l’Institut Masters et Johnson à St. Louis dans le Missouri (USA).

William Howell Masters est né le 27 Décembre 1915 à Cleveland dans l’Ohio (USA), fils de Francis Wynne et Estabrooks (Taylor) Masters. Il fréquenta l’école publique à Kansas City puis puis à Lawrenceville dans le New Jersey (USA). En 1938, il a obtenu son diplôme au « Hamilton College » où il se consacre aux sciences, aux sports (baseball, football et basket-ball) et aux débats qu sain du campus. Il fera sa formation en médecine à l’Université « Rochester School of Medicine ». C’est durant ces études qu’il travailla dans le laboratoire du Dr George Corner. A cette époque, le Dr George Corner compare et étudie les voies de reproduction des animaux et des humains.

Au cours de son année en tant que junior à l’école de médecine, Masters s’est déjà intéressé à la sexualité parce qu’elle était la dernière fonction physiologique scientifiquement inexplorée.
Après un bref service en 1942 dans la marine américaine en tant que lieutenant, cette même année, il se maria avec Elisabeth Ellis. Le couple eu deux enfants.
En 1943
, il a reçu son diplôme de médecine. Masters s’est alors intéressé aux travaux du Dr Alfred Kinsey, professeur de zoologie à l’université de l’Indiana qui avait interviewé des milliers d’hommes et de femmes sur leurs expériences sexuelles. Ces publications allait être la source de ces recherches sur la sexualité humaine. Masters est devenu stagiaire et plus tard permanent en obstétrique et gynécologie à l’Hôpital Saint-Louis et à l’hôpital Barnes de St. Louis. Il fit également un stage en pathologie à l’École de médecine de l’Université de Washington.
En 1947, il rejoint la faculté de Washington et devient professeur d’obstétrique et de gynécologie cliniques. Masters a mené des recherches dans le domaine et a contribué des dizaines d’articles dans des revues scientifiques. Un de ses domaines d’intérêt était le traitement hormonal chez les femmes post-ménopausées.

En 1954, Masters se sent prêt à entreprendre des recherches sur la physiologie de la sexualité humaine. Il avait constaté que le monde médical avait trop peu d’informations sur la sexualité pour comprendre les problématiques de leurs clients. Même si le Dr Alfred Kinsey avait publié ces études les données restent généralistes. Masters prend donc la relève en approfondissant le sujet et en étudiant la stimulation sexuelle humaine. Pour ce faire, il utilisa les dernières technologies disponibles à cette époque (électroencéphalographie, électrocardiographie, la cinématographie couleur et analyses biochimiques) pour mesurer les réactions sexuelles en laboratoire.

Masters a lancé son projet à l’Université de Washington et fût assisté par une subvention de l’Institut de la santé des États-Unis. Au début, il recruta des prostituées (hommes et femmes) pour l’étude mais, même s’ils ont été très utile pour leurs expériences dans le domaine de la sexualité, il constata que cette catégorie de personnes ne pouvait pas correspondre à l’étude de la sexualité dite « normale ».
C’est en 1957 que William Masters, à la recherche d’une assistante pour l’aider dans la sélection de volontaires, rencontra Virginia Eshelman Johnson qui était étudiante en sociologie.
L’étude de Masters et Johnson a été menée durant onze ans avec la participation de 382 femmes et 312 hommes. Masters était très prudent et méticuleux en ce qui concerne la protection de l’identité de ses volontaires. Pour mesurer les changements physiologiques, il a utilisé électroencéphalographie, électrocardiographie, la cinématographie couleur et analyses biochimiques. Les sujets étaient âgés de 18 à 89 ans et ont tous été payés pour leur temps passés. Masters a déterminé quatre phases dans la réponse sexuelle des hommes et des femmes.

En 1959, il a transmis quelques uns de ces premiers résultats aux revues médicales tout en poursuivant secrètement ses recherches. Après que ces travaux soient censurés, l’équipe a eu des difficultés pour se procurer des subventions.

En 1964, il devient directeur de la Fondation pour la reproduction biologique, cette association à but non lucratif lui a permis d’obtenir des fonds privés. En Novembre de cette même année, le Dr Leslie H. Farber, un psychiatre respecté de Washington DC, a écrit un article pour commenter ces travaux intitulé « Je suis désolé, Monsieur, » dans lequel il a surnommé le « scientizing » du sexe. Cette attaque n’était que le début des critiques qu’ils recevront sur leurs recherches.

En 1966, Masters et Johnson publiés Human Sexual Response qui paraitra en français en 1968 sous l’intitulé « Les réactions sexuelles« . Dans ce livre, les chercheurs ont utilisé une terminologie très technique. Son livre ne fût promu seulement auprès des professionnels de la santé et des revues spécialisées. Néanmoins, ce livre a obtenu un engouement populaire et l’équipe a alors entrepris une tournée de conférences où ils eurent une célébrité immédiate.

Dès 1969, Masters et Johnson ont prodigué des conseils en binôme (homme / femme) aux couples. Estimant que les partenaires seraient plus à l’aise de parler avec un thérapeute de même sexe, l’équipe a commencé à travailler sur les problématiques sexuelles du couple. Dans leur deuxième livre, Human Sexual Inadequacy (1970) intitulé en français « Les mésententes sexuelles et leur traitement« , ils explicitent toutes les problématiques tels que l’impuissance.
William Masters a divorcé de sa première épouse, Elisabeth Ellis, peu de temps après la publication sur « Les mésententes sexuelles et leur traitement« .

Le 1er janvier 1971, William Howell Masters et Virginia Eshelman Johnson se marient à Fayetteville, Arkansas.

En 1973, ils sont codirecteurs de l’Institut Masters et Johnson.

En 1979, Masters et Johnson étudient et décrivent les réponses sexuelles des homosexuels et des lesbiennes. Ils ont aussi également affirmé qu’ils seraient en mesure de modifier les préférences sexuelles des homosexuels qui le désiraient.
Masters a poursuivi son activité dans son
laboratoire de biochimie et dans son cabinet de gynécologie. Il s’est mis à la retraite en 1975 à l’âge de soixante ans.

En 1981, Masters et Johnson vendent leur laboratoire qui, à cette époque, avait un  effectif de vingt-cinq personnes et une longue liste de clients en thérapie.

Entre autre controverse sur leur travail, en 1988 que Masters et Johnson ont cosigné un livre le Dr Robert Kolodny. Ce livre, Crisis: Heterosexual Behavior in the Age of AIDS (1988), qui avait prédit une épidémie de SIDA parmi la population hétérosexuelle. Certains membres de la communauté médicale ont sévèrement condamné cette étude.
C. Everett Koop, chirurgien réputé aux États-Unis, a même qualifié Masters et Johnson d’ « irresponsable ». Peut-être est-ce lié à cette publicité négative mais le nombre de clients en sexothérapie au sein de l’institut a dès lors diminué.

Début 1992, Masters et Johnson ont divorcé après vingt et un ans de mariage. Leur divergence sur leur vision de la retraite serait l’origine de leur rupture. Masters s’est alors juré qu’il ne serait jamais en retraite et a continué à animer des conférences à l’Institut, en même temps qu’il travaillait sur un autre livre. Ce divorce a clos leur partenariat.

Pour ses efforts pour dans l’étude scientifique et pionnier dans la prise en charge de la sexualité humaine, Masters a reçu le Prix Paul Hoch H. de l’American Association Psychopathic en 1971, le prix Sexuality Information and Education Concil of the United State (SIECUS) en 1972 ainsi que trois autres prix prestigieux. Il a fait parti de l’Association Américaine pour l’Avancement des Sciences (AAAS), l’American Fertility Society et de plusieurs autres associations médicales.

William Masters est décédé le 16 février 2001.
Virginia Eshelman Johnson est décédée le 24 juillet 2013

Virginia E. Johnson

Virginia E. Johnson

 

 

 

 

 

 

 

Une série TV américaine, « Masters of Sex« , basée sur l’histoire de Masters et Johnson a été réalisée Michelle Ashford [en] d’après le roman éponyme de Thomas Maier.
La série est produite par
Showtime  et a été diffusée à partir de septembre 2013. Deux saisons de 12 épisodes d’une heure pour chacune ont été réalisées et une troisième est en cours de préparation. Cette dernière est prévue d’être diffusée [en] pour l’été 2015. Elle n’est pas prévue d’être diffusée en France.

Série TV Master Of Sex

Série TV Master Of Sex

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